> MINUTE
Micberth collabora à l'hebdomadaire Minute, comme chroniqueur-polémiste, de février à mai 1974. Sa chronique s'intitulait : « la Moutarde au nez » et le directeur, Jean Boizeau, projetait de lui confier la responsabilité de plusieurs numéros du Crapouillot, avant que leurs relations n'en vinssent à se détériorer.
M.-G. M. a décrit son séjour à Minute, dans Pardon de ne pas être mort le 15 août 1974, et l'on constate, en lisant le texte qu'il consacre à cet épisode de sa vie, qu'il y eut trois phases dans sa brève collaboration au journal de Jean Boizeau : d'abord l'accueil cordial qu'on lui réserva à son arrivée - « C'est toujours avec la même délicatesse, le même sens des usages, que Jean Boizeau me convia à déjeuner avec ses principaux collaborateurs. », écrit-il -; puis le jugement que porte M.-G. M. sur la médiocrité ambiante et le rafraîchissement très net de ses relations avec Jean Boizeau - « les critiques se faisant plus acerbes, il établit une distance; enfin, un antagonisme naquit. » raconte-t-il ; - et pour finir, la rupture, lors de la prise de position du journal pour Jean Royer, candidat à l'élection présidentielle, contre lequel M.-G. M. venait d'écrire un pamphlet féroce.
Voici le passage le plus significatif de la lettre que M.-G. M. adresse à Jean Boizeau, le 10 mai : « Il est vrai, précise-t-il, que j'ai été profondément attristé, voire heurté, par votre numéro clownesque consacré à Royer, panégyrique infantile, bourré d'erreurs journalistiques et procédant d'un enthousiasme plus que douteux. » « Il aurait été grave, pour moi, de mêler mon nom à ces fantaisies de plume. Les quelques personnes qui me témoignent de l'estime ne m'auraient jamais pardonné cette bassesse. » « (...) Je garderai un bon souvenir des petites gens de Minute, de tous ceux qui n'ont pas la vedette et qui bossent pour le salaire mensuel. Ceux-là prennent très exactement la température du journal et savent. C'est d'ailleurs partiellement grâce à eux que j'ai perdu mes illusions. »
Et il ajoutera plus tard, dans la Lettre, à la rubrique Minute : « Tout journaliste devrait, ne serait-ce qu'une fois, travailler dans ce journal. C'est la meilleure école pour apprendre ce que plus tard il ne faut surtout jamais faire. Sauf, bien sûr, si l'on s'entête à se maintenir dans la malhonnêteté. »
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> MODE
Micberth ne pense pas que la mode soit un phénomène accessoire; en sémiologue averti, il sait que tous les aspects nouveaux du paraître ne représentent pas seulement l'écume des choses, mais la manifestation - esthétique ou non de divers choix existentiels. Le moraliste peut se prononcer sur le bien-fondé des créations -considérées, mais l'ethnologue du monde contemporain ne peut faire litière de cet univers multiple, chatoyant, et moutonnier qui est lié à la mode. Pour M.-G. M., tout est signe dans le monde qui nous entoure et la mode - surtout vestimentaire - qui est née en Occident avec les civilisations urbaines, est à la fois un reflet des hiérarchies sociales, un besoin de s'identifier aux autres tout en se singularisant, une manière d'établir des points de repère dans le temps, une affirmation de l'éphémère, une volonté collective qui trouve rarement ailleurs le moyen de s'exprimer.
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> MUSIQUE
La usique tient une place importante dans l'existence de Micberth; il l'aime rythmée, légère, inventive, colorée. Longtemps amateur de jazz fervent et exclusif, il a commencé à apprécier réellement la pop music à la fin des années 60. La conversion a été lente et difficile, mais elle lui a permis d'élargir considérablement le champ de sa culture musicale. Il écoute disques ou cassettes la nuit ou à son réveil, apprécie les « variétés » et certaines prestations télévisuelles de chanteurs français ou étrangers, son choix étant guidé par la qualité des paroles et de la mélodie. Il sait gré au mouvement yé-yé d'avoir tué la chanson « rive gauche » qu'il avait en horreur et ne supporte guère la musique dite « classique » qui évoque pour lui l'ennui et la mort.
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> MYTHES
Bien différents des légendes, qui en sont les avatars incertains, échevelés,les mythes nous paraissent être l'expression immédiate de la capacité d'abstraction et de généralisation de l'homme, l'illustration de sa propension à l'admiration. Ils nous semblent souvent dérisoires, car ils correspondent généralement aux aspirations du vulgum pecus - mythe Bardot, mythe Presley, mythe Platini, etc. - mais en ce qui concerne Micberth, ils se révèlent particulièrement significatifs; ils constituent aussi dans ce cas précis - une fois n'est pas coutume - une image cohérente et globale.
Il y a d'abord le mythe faustien qui suit M.-G. M. depuis de nombreuses années - depuis le « Monsieur je-sais-tout » de son enfance jusqu'à « un leader pour les surdoués » d'Alain Rollat commentateur du journal le Monde - en rapport (naturellement) avec l'universalisme de son savoir et de ses compétences; il y a le mythe prométhéen - voir la rubrique « l'esprit pionnier » dans Regards sur Micberth - aura qui s'attache à ce découvreur pluridisciplinaire; il y a le mythe, très insistant dans la vie de M.-G. M., du conquérant amoureux : un journaliste du Quotidien de Paris, Martin Peltier, aujourd'hui directeur de Minute, ne titrait-il pas un article consacré à Micberth : « Don Juan égaré dans la politique » ? Il y a le mythe de l'aventurier dangereux et prêt à tout, né pendant son adolescence tumultueuse, apparié à une prestance physique hors du commun et justifié par certains épisodes périlleux de son existence : comité anti-drogue, Mai 68, siège du château du Plessis, assaut du Ludaix par les forces de l'ordre... Il y a le mythe du rebelle, de l'homme dont l'existence même est un défi lancé au pouvoir, du pamphlétaire dont les écrits sont cinglants et iconoclastes, du leader politique dont les interventions télévisées apparaissent comme des volées de bois vert.
Tous ces mythes sont les points de repère, pour le public, de ce que l'on a appelé, à juste titre : « l'épopée micberthienne » ; pour les historiographes de M.-G. M., ils apparaissent le plus souvent bien en-deçà de la réalité, mais ils dérivent d'un processus logique : Micberth est le prototype même de l'homme mythique.
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